Virtual Reality et Création : sortir de la baraque foraine par le " beau " ?

04/05/2016

120 ans après la première projection grand public en cinématographe en France dans une obscure baraque foraine d'Orléans (qui se terminera par...un incendie...), Mark Zuckerberg joue depuis deux ans les artificiers mainstream du décollage de la Virtual Reality dans le monde.

En créant le buzz avec le rachat à prix d'Or du pionnier du genre Oculus deux Milliards de Dollars, comme en tissant des accords stratégiques avec Samsung pour démocratiser rapidement les équipements ou en dévoilant des développements majeurs autour d'une nouvelle plateforme sociale "VR compatible" promise aux 1,7 milliards d'utilisateurs Facebook, Mark Zuckerberg se pose en grand timonier techno d'un genre qu'on nous promet de référence dans les 5 ans à venir.

 

 

 

Mais si le "pourquoi" du succès annoncé dont lui comme d'autres cherchent à nous convaincre le plus souvent que par les seuls effets de manche d'annonces dites "stratégiques" escamotait le vrai sujet du moment à savoir le "comment" ?...

 

Comment trouver une réelle utilité sur le long terme au genre VR, donner envie aux audiences de s'y intéresser au-delà de premiers essais le plus souvent laborieux sur le player Youtube 360 de son ordinateur ou via l'expérience dégradée d'un bundle Google Cardboard/mobile déceptif ?

Comment dépasser (toutes) les frontières, réinventer les bases de la narration audiovisuelle à l'aune de l'extension des champs des possibles créatifs que propose l'immersion à 360° des audience dans les contenus VR, poser de nouvelles références esthétiques au-delà (ou à cause) des contraintes techniques absentes de films "full 3D" aux tarifs prohibitifs mais qu'imposent encore les tournages d'images réelles à 360° ?

 

Le pouvoir aux auteurs...

 

A l'instar de l'émergence réussie (ou ratée comme la 3D relief malgré le "Avatar" de James Cameron) d'autres nouvelles technologies, la VR ne devra son salut qu'à l'implication au genre de créateurs, d'auteurs, de visionnaires "habités" et passionnés. Ces talents qui créeront les références du "comment", Mélies du 21e siècle capables de plonger dans le même rêve éveillé instantanément des millions de personnes connectés sur les nouvelles plateformes de diffusion VR social promises par les tycoon de la Silicon Valley.

 

Même si la référence du début de cet article aux prémices du cinéma renferme aussi de contres exemples fameux ("L'arroseur arrosé" réalisé par des frères lumières reconnus avec les américains Edison et Dickinson comme les inventeurs des bases techniques du procédé cinématographe), et même si les contraintes techniques existantes demandent une collaboration serrée entre auteurs VR et "techniciens" (sans galvauder d'aucune manière ce terme) dans le développement des projets de l'écriture à la diffusion, peu de grands maitres ni même de petits maitres du genre encore aujourd'hui. Pour un Chris milk combien de projets menés tant bien que mal à bien par des opérateurs de l'image auto-proclamés "auteurs" au seul argument de leur maitrise des tournages en rig gopro 4K ?

 

Amener à la VR des auteurs et réalisateurs confirmés est un des sujets clefs, en France peut être plus qu'ailleurs (de grands noms d'Hollywood comme Steven Spielberg s'associent pour créer des productions dédiées aux développements VR). Il ne s'agit pour s'en convaincre que de visionner l'offre disponible actuellement : pour des centaines de ride en surf, voiture, Ulm ou sur le dos d'un skateur malhabile, combien de créations originales réellement bluffantes narrativement ou ne seraient ce qu'intéressantes sur la durée passé l'effet "whaou" trop souvent jugé comme suffisant ?

 

Amener et fédérer des auteurs et créateurs confirmés au genre VR, permettre l'émergence de nouveaux talents "VR Native" devrait être la mission première d'un producteur ou d'une agence de création VR aujourd'hui. C'est par exemple un des développements les plus importants au sein de l'agence SKYWALK Agency actuellement : rencontrer et fédérer des talents confirmés de l'image autour de la VR. Et c'est très excitant de voir des réalisateurs de fictions aussi confirmés que Gaspard Noé ou Larry Clark (pour ne citer qu'eux), ou encore des réalisateurs talentueux de l'univers du Luxe et de la beauté comme du documentaire retrouver leur âme de jeunes premiers à la perspective de participer à créer ses lettres de noblesse au genre VR.

 

 

La technique VR n'est pas l'ennemie du beau...

 

L'exigence esthétique n'est malheureusement que très rarement une priorité dans la conception et la réalisation de contenus VR. Combien de films à l'image désastreuse, où "l'effet pour l'effet" est privilégié sur la forme là où le mariage des deux devraient être un standard non négociable ?

 

Le travail main dans la main des techniciens de la prise de vue VR, de post producteurs spécialisés et des créateurs facilité par des producteurs et agences réellement spécialisés qui maitrisent toute la chaîne de valeur (jusqu'à l'anticipation du mode de distribution des contenus) est une des données clefs pour permettre enfin de voir émerger des créations de références.

La recherche et le développement de nouvelles solutions techniques pour faciliter les process de production et offrir de nouveaux champs des possibles en création (à l'image, au son, comme dans les possibilités d'interaction/d'immersion plus grandes des audiences dans la narration) est une donnée clef de ce nouveau Farwest créatif. Seul le travail en commun, main dans la main avec les créateurs, d'acteurs confirmés, spécialisés et prêts à investir dans les développements obligés qu'imposent l'état de l'art de la VR 360° aujourd'hui le permettra.

 

J'annoncerais à cet effet ces prochaines semaines une association plus que prometteuse avec des experts de la captation et de la post-production qui permettra de proposer au marché français une offre "all in" intégrée en VR portée par des talents confirmés de la création fédérés autour du projet de l'agence.

 

Comme les courts films diffusés dans les baraques foraines du début du cinématographes au 19e siècle, la production actuelle a le mérite de faire gouter chaque jour à un plus grand nombre les prémices d'une véritable révolution de l'image. Passé l'effet de la découverte, des audiences de plus en plus matures attendront très vite autre chose que l'entrée d'un train en gare de la Ciotat pour substanter leur soif nous l'espérons tous grandissante pour des créations ouvrant les portes d'un autre monde.

 

Un monde de l'image où les frontières entre réalité et contenu s'estompent jusqu'à proposer une expérience plus grande que la vie.

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